Paris, mardi 28 janvier 2003 : le projet de Loi pour la Sécurité Intérieure de Nicolas Sarkozy est adopté à l’Assemblée nationale.
L’article 18 de la LSI réintroduit le racolage passif comme délit en condamnant à une peine de deux mois de prison et 3750 euros d’amende, toute personne qu’un représentant de l’ordre public aura jugée passible du délit de ” racolage passif “, sur la seule considération de son “attitude” ou de sa “tenue provocante”. Les critères, pour le moins ambigus, retenus pour l’application de la loi font appel à la subjectivité des policiers qui seront les seuls juges du caractère “racoleur” de telle ou telle femme. Cette loi, ainsi que d’autres lois adoptées pour la sécurité intérieure, confirme la tendance du gouvernement au retour à l’ordre moral par le chemin de l’ordre policier. Certaines catégories de personnes sont directement visées : les prostitué(e)s, les immigrés, les mendiants… mesures symptomatiques qui aggravent leur situation sans proposer de solution. Indirectement, l’article 18 touche à la liberté de chacun et de tous.

Las Non Gratas Class est un collectif d’artistes qui travaille à l’intérieur de la dimension politique de l’art comme une nécessité de récupération de la participation citoyenne dans les procédés de décisions sociales. Nous nous interrogeons sur le devenir politique de l’existence collective en prenant comme élément d’action le tissu social et élément formel le référant de l’art public, l’intervention urbaine et l’action directe. En explorant de nouveaux espaces d’intervention, nous souhaitons créer des situations à travers lesquelles confluent des sensibilités, stimulant une ambiance propice au débat afin de donner à voir ou visualiser les différentes réalités sociales.

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