Hiver 2002/2003 : parfois venus de Sangatte ou du Calaisis, des Irakiens, des Afghans et des Iraniens se retrouvent dans un square de Paris, un collectif autour d’eux et avec eux, met en place un dispositif où les questions stratégiques croisent les problèmes singuliers, rencontre. Sur les routes depuis des mois en quête d’une Europe qui les a fait rêver, ils sont fondés à s’interroger sur la modernité. Et sur la barbarie des États modernes. L’histoire du collectif mêle aventure humaine, rencontres, découvertes, et lutte militante. Six mois après sa création, le collectif – exilés et soutiens – a emmagasiné, au fil de péripéties diverses, de réunions de travail, d’actions collectives, mais aussi de fêtes, des éléments qui peuvent contribuer à la réflexion de tous ceux qui s’intéressent à l’accueil des réfugiés en Europe. Des questions autant que des réponses.

Site Internet : http://www.exiles10.org/

Au début du mois de janvier 2003 à Paris, le collectif Précipité a engagé un travail de réflexion autour de l’idée de frontières à l’intérieur du foyer Emmaüs de la rue des Pyrénées. Depuis quelques années, la plupart des gens qui y trouvent refuge ont connu à travers l’émigration et l’exil, puis le séjour dans un pays étranger, l’expérience du franchissement interminable des frontières. Qu’il s’agisse des brimades administratives, des répressions policières, de la difficulté d’accéder à un statut juridique régulier ou à des conditions humaines de travail, la frontière ne cesse de perpétuer son existence dans tous les aspects de leur vie. Pour eux, le problème n’est même plus d’être d’un côté ou de l’autre de la frontière mais de demeurer dans la frontière, dans une sorte de non-lieu définissant un régime d’exception et d’exclusion permanent. Pendant quatre mois nous avons quotidiennement enregistré des témoignages individuels sur l’expérience que représente aujourd’hui le fait de se déplacer ou de migrer.

Sites Internet :
http://www.lavilledapres.org/
http://www.precipite.org/